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la faune ichtyologique du Banc d'Arguin reste peu étudiée.
Des fluctuations d'abondance liées à l'alternance
des saisons froide et chaude et aux cycles de reproduction sont
notées pour les espèces migratrices comme le mulet
jaune (Mugil cephalus) et certaines espèces de requins et
de raies. Les juvéniles sont abondants, suggérant
que cette zone jouerait un rôle de nurserie pour ces dernières.
Parmi les poissons de fond les mieux représentés,
signalons les raies, notamment la raie guitare (Rhinobatos sp.),
les requins (Carcharhinus sp., Rhizoprionodon acutus, Sphyrna sp.),
les sparidés (pagres, dentés, pageots), les ariidés
(machoirons) et les sciaenidés (courbines). La présence
de poissons ciclidés comme le Toumvertel, sorte de tilapia
normalement inféodé aux eaux saumâtres est un
indice du passé estuarien de cette zone.
En ce qui concerne les petits pélagiques, en dehors des
mugilidés déjà signalés, il faut noter
la présence de concentrations importantes de sardinelles
dont l'ethmalose (Ethmalosa fimbriata), un poisson typique des zones
estuariennes.
Les
mammifères marins
Ce groupe est particulièrement bien représenté
dans le Parc. La population de phoques moines (Monachus monachus)
du Cap Blanc est la dernière concentration génétiquement
viable de ce phoque qui fait partie de la liste des douze espèces
les plus menacées du monde.
Réfugiés près des falaises situées
sur la côte ouest du cap, cette population a été
victime, en mai 1997, d'une mortalité massive dont les causes
restent hypothétiques et dont les conséquences à
long terme pour la survie de la colonie demandent à être
évaluées. Un plan de sauvegarde du phoque moine de
l'Atlantique Centre-Est est en cours de rédaction avec la
participation de l'Espagne, du Maroc, de la Mauritanie et du Portugal
Le grand dauphin ou dauphin souffleur (Tursiops truncatus) est
observé fréquemment près de la côte et
se fait parfois le partenaire plus ou moins volontaire de la pêche
Imraguen au mulet. Le dauphin à bosse de l'Atlantique ou
dauphin de Guinée (Souza teuszii), plus difficile à
observer, et l'orque épaulard (Orcinus orca) font partie
des hôtes habituels du Parc.
Les
tortues marines
Plusieurs espèces de tortues fréquentent le Parc
National du Banc d'Arguin, principalement la tortue verte (Chelonia
mydas), la tortue luth (Dermochelys coriacea) et, plus rarement
la caouanne (Caretta caretta) et la tortue à écailles
imbriquées (Erethmochelis imbricata).
L'activité de nidification des espèces les plus courantes
semble très limitée et des recaptures de tortues baguées
mettent en évidence un lien entre les populations rencontrées
en Mauritanie et celles se reproduisant en Guinée Bissau.
Les tortues ne font pas l'objet d'une pêche ciblée
mais sont souvent victimes des filets à requins et leur chair
est très appréciée par les Imraguen. Un programme
d'évaluation d'abondance, d'étude des cycles biologiques
et de sensibilisation des populations résidentes devrait
permettre de mieux apprécier l'état des stocks et
de diminuer la pression de pêche.
Moins visible, la faune benthique, composée d'invertébrés
de tailles très variées, constitue pourtant l'un des
maillons les plus importants de la chaîne alimentaire puisqu'elle
constitue la source d'alimentation des oiseaux migrateurs limicoles
et de nombreux poissons
Les
crabes
Partie la plus visible d'une faune benthique dense et diversifiée
dont la composition spécifique et l'abondance sont encore
insuffisamment connues, les crabes envahissent l'estran par millions
durant l'étale de basse mer.
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