24/12/2008: Le premier ministre installe la commission nationale devant diriger les Etats généraux de la démocratie
Nouakchott, 23 déc (AMI)- le Premier ministre, M. Moulaye ould Mohamed Laghdaf
a installé mardi soir la commission chargée de superviser les Etats généraux
de la démocratie et ce au cours d'une cérémonie organisée dans les locaux du
palais des congrès à Nouakchott, en présence des membres de la commission ministérielle
chargée de préparer ces Etats généraux, des sous commissions techniques, du
président de la commission de supervision des Etats généraux, M. Abdellahi
ould Cheikh et des membres de cette commission.
A cette occasion, le premier ministre a prononcé une allocution dans laquelle
il a insisté sur l'intérêt qu'accorde le général Mohamed ould Abdel Aziz, président
du Haut Conseil d'Etat, chef de l'Etat à tous les problèmes qui intéressent
les citoyens et sa détermination à leur trouver des solutions. Voici une traduction
du texte intégral de cette allocution:
Mesdames, Messieurs,
L'action pour l'ancrage des principes de la démocratie pluraliste, l'organisation
d'une discussion libre et constructive, donner l'intérêt et le temps qu'il
faut pour résoudre les problèmes urgents des citoyens et l'amélioration des
conditions de vie des franges marginalisées constituent l'une des priorités
du président du Haut Conseil d'Etat, chef de l'Etat, le général Mohamed ould
Abdel Aziz.
Dans ce cadre, l'adoption d'initiatives collectives permettant de définir
et de hiérarchiser les priorités politiques, économiques et social du pays,
l'application du principe de la concertation en tant que moyen sain et civilisé
pour trouver les solutions appropriées et la mobilisation des moyens nécessaires
pour la création du climat politique libre et la situation sociale pacifique
qui garantissent de parvenir à ces solutions, tout cela a constitué, depuis
le début, le pilier essentiel de la politique annoncée par le Haut Conseil
d'Etat depuis la rectification du 6 août dernier.
Sur la base de cette orientation, conformément aux instructions de monsieur
le Président et suivant les priorités qu'il a définies, le gouvernement s'est
employé à matérialiser cette volonté sur le terrain de la réalité en oeuvrant
pour une réforme économique, la bonne gestion des finances publiques et à faire
prévaloir les règles de déontologie dans la vie publique à travers l'application
du principe de la récompense et de la sanction en tant qu'axe central de son
projet de société. Aussi, le gouvernement s'est-il investi dans deux chantiers
à savoir l'intérêt accordé aux problèmes quotidiens des citoyens et l'action
visant à aplanir les difficultés pour surmonter la crise institutionnelle dans
laquelle le pays a été mis, crise qui s'est amplifiée au point d'atteindre
l'asphyxie politique, économique, sociale, puis institutionnelle, asphyxie
qui a été la cause essentielle de la rectification du 6 août dernier. Cette
intervention salvatrice du Haut Conseil d'Etat a constitué la voie donnant
à tous les mauritaniens l'occasion de nourrir de nouveau l'espoir dans la réforme
et le changement insufflés par la transformation démocratique, espoir qui a
été très vite anéanti par le régime de l'ancien président.
L'action consiste à transcender l'impasse institutionnelle en appelant les
acteurs politiques et les forces vives dans le pays à réfléchir à des solutions
consensuelles propres à trouver une issue à la crise de l'institution présidentielle
dans les meilleurs délais à travers une large concertation ouverte dans le
cadre des états généraux de la démocratie qui se tiendront à partir du 27 décembre
courant.
Mesdames, Messieurs,
Les états généraux de la démocratie doivent constituer la meilleure voie pour
parvenir à des solutions consensuelles émanant des mauritaniens eux-mêmes
et être un espace libre de discussions fructueuses et de dialogue constructif
visant à rechercher des alternatives et des solutions institutionnelles permettant
d'éviter le blocage politique en même temps que l'accaparement du pouvoir.
Le gouvernement a, jusqu'à présent pris toutes les mesures afin de créer les
conditions favorables à l'organisation des journées nationales de concertation
dont on attend d'ouvrir largement la porte devant tous les mauritaniens pour
contribuer à mettre sur pied des mécanismes propres à créer les services essentiels
permettant d'éviter la répétition du blocage institutionnel et les obstacles
structurels qui consacrent le pouvoir personnel.
L'on attend aussi des états généraux de la démocratie qu'ils présentent des
propositions concrètes et réalistes pour organiser une élection présidentielle
libre et transparente.
A cet égard, l'on compte sur tous les acteurs politiques pour une participation
efficace afin de corriger les erreurs du passé et jeter des bases sûres pour
l'édification d'une démocratie forte et durable.
Et pour garantir la plus grande indépendance de l'action de ces états généraux,
une commission nationale pour les superviser est en passe d'être installée.
Il s'agit d'une instance indépendante du gouvernement, même si celui-ci y est
représenté, présidée par une personnalité indépendante dont tous reconnaissent
la neutralité et la sagesse. Les élus députés, sénateurs et maires en constituent
la majorité. Cette commission aura pour mission de coordonner, d'organiser
et de suivre les états généraux de la démocratie, de diriger les discussions
et débats et de tirer fidèlement et de la façon la plus neutre possible, les
conclusions auxquelles aboutiront les travaux des participants afin de parvenir
à une feuille de route consensuelle entre tous les mauritaniens.
Et nous sommes confiants que les problèmes posés à notre pays ne pourront
être réglés qu'à travers un dialogue permanent entre les mauritaniens seuls.
La solution est mauritanienne ou ne sera pas.
Tout en souhaitant que nos travaux soient couronnés de succès, et que nos
aspirations à trouver les solutions adaptées à nos problèmes soient réalisées
pour nous permettre de recouvrer notre droit légitime au progrès et au développement,
je déclare, du haut de cette tribune, l'installation officielle de cette commission
pour qu'elle puisse commencer son travail difficile mais combien fondamental
afin de permettre à notre pays d'accompagner le peloton des pays avancés.
Après le mot du Premier ministre, le ministre de l'intérieur et de la décentralisation
a présenté des explications détaillées sur la méthodologie de l'organisation
des états généraux de la démocratie, la nature des participants, les thèmes
qui seront débattus dans les ateliers prévus tout au long des journées nationales
de concertation dont il a dit qu'elles s'étaleront sur la période allant du
27 décembre courant au 5 janvier prochain.
Le premier ministre a précisé à cet égard que cette approche a été élaborée
sur la base du rapport de la commission chargée de préparer les états généraux
de la démocratie que le Haut Conseil d'Etat et le gouvernement ont approuvé.
Il a noté que ce rapport a été fait à l'issue des concertations préparatoires
entreprises par la commission interministérielle ayant intéressé toutes les
couleurs politiques mauritaniennes, premières concernées par ces concertations
qui portent sur 3 questions préoccupant particulièrement l'opinion publique
dans l'étape actuelle à savoir: le problème institutionnel en Mauritanie, la
période de la transition et l'organisation des élections.
S'agissant des invités à la participation aux états généraux de la démocratie,
le ministre de l'intérieur et de la décentralisation a dit qu'ils sont tous
les membres du parlement dans ses deux chambres (151), les maires des communes
(217), les représentants de 61 partis politiques reconnus en plus de 102 invités
sur la base de la représentation partisane au parlement, 60 de la société civile,
6 des corps professionnels, 12 des centrales syndicales, 11 des employeurs,
5 du conseil économique et social, 5 de la commission nationale des droits
de l'homme, 2 de la Haute Autorité de la Presse et de l'Audiovisuel, 15 des
colonies mauritaniennes à l'étranger, des représentants de la Mauritanie des
profondeurs avec une moyenne de 15 par wilaya en plus des anciens Présidents,
anciens premiers ministres et anciens présidents des chambres parlementaires,
des membres de la commission nationale électorale indépendante, des personnalités
nationales choisies sur la base de leur rôle national majeur.
Parmi les invités aux états généraux de la démocratie 8 représentants d'organisations
internationales s'intéressant à la rectification et 67 pays étrangers.
Selon l'approche présentée par le ministre de l'intérieur, 5 ateliers seront
organisés. Ils aborderont l'organisation du pouvoir politique, les institutions
politiques, l'organisation d'élections, la supervision des élections, leur
contrôle et le planning des élections.
Le ministre a dit que toutes les mesures organisationnelles et techniques
ont été prises et les moyens logistiques mobilisés pour garantir le succès
des journées nationales de concertation.
C'est ainsi que toutes les salles du Palais des Congrès, qui va accueillir
ce grand forum, ont été équipées en conséquence.
De même, décision a été prise d'installer un centre de presse pour permettre
aux journalistes nationaux et étrangers d'assurer la couverture des travaux
des états généraux de la démocratie en plus de la création d'un site électronique
à travers lequel tous les sujets se rapportant aux ateliers de travail des
journées et leurs thèmes, seront publiés.
M. Mohamed Ould Maouiya a enfin souligné que les invitations ont été adressées
à tous les participants aux états généraux.
Il convient de noter que la commission de supervision des journées que le
Premier ministre a installée est formée de 11 membres dont 3 du gouvernement,
5 du parlement et 2 parmi les maires en plus de son président désigné sur la
base de son indépendance et de ses compétences.
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