République Islamique de Mauritanie

بلدية عين أهل الطايع

Commune de Ain Ehel Taya

 

 

 
     

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Aoujeft

Wilaya de l'Adrar    Moughataa d' Aoujeft

Présentation  de la moughataa

I-Divisions administratives et principales  localités

Par  arrêté 65/AG/APA du 8 Février 1958, Aoujeft a été érigée  en Poste administratif. Puis le décret 69.243 du 14 juillet 1969 en a fait un département ou moughataa, ayant des frontières communes avec les départements d' Atar au nord, de Chinguetti au  nord-ouest,  les régions de l'lnchiri à l'ouest, du Tagant au  sud-est et du Trarza au sud. Cette situation géographique  confère au département  une position de carrefour interrégional.
 

La moughataa comporte un arrondissement, celui  de  Nterguent, créé  par le décret  75.011 du  16 Janvier 1975.
    Elle comprend 4 communes  qui sont :
    commune  urbaine : Aoujeft
    communes rurales :  ElMaaden, El Meddah, N'leirguent .
La superficie  de la moughataa est de 31.700 KM². C'est  la moins étendue
des quatre  moughataas  de L'Adrar qui totalisent une surface  de 215300KM².

II-Climat

A-Généralités
    Le territoire de la moughataa est soumis à un climat aride, se caractérisant par des températures estivales élevées et des amplitudes thermiques importantes, une forte luminosité, des précipitations  très faibles et irrégulières et une évaporation  intense.
Les  seules  données  chiffrées  disponibles, concernent la  localité d'Atar,  située 54KM à  vol  d'oiseau au nord   d'Aoujeft . Ces deux  villes  ont une altitude  respective  de 230m et 330m.
Les données climatiques d'Atar peuvent  être considérées  comme  représentatives  du climat  de la moughataa  d' Aoujeft,  aux   variations  de latitude  et d'altitude prés.

B-Températures
    La température moyenne annuelle  est de 27.8°C. Au cours de l'année la température moyenne mensuelle passe de 19.7°C en janvier à 34.3°C  en juillet. Elle  atteint pratiquement
ou dépasse les 30°C pendant 6 mois de l'année de mai à octobre. Le  mois le plus fraid  est décembre avec une température moyenne minimale de 12.5°C. Le mois le plus chaud  est juillet avec une  température moyenne  maximale  de 42.0°C.

C-Evapotranspiration  et vents
    L'évapotranspiration  Penman   s'élève à 2250 mm (soit 22000 m3/ha) annuelle. L'apport  théorique moyen d' eau d'irrigation  nécessaire pour  la compenser  est de 0.7 l/s/ha. Un débit fictif continu. Son intensité est largement renforcée par les vents fréquents de direction nord et nord-est particulièrement desséchants en été tels  que l'''lrifi'', vent de Nord -Est caractéristique de la saison sèche et chaude, qui coïncide avec "la guetna''  et qui hâte la maturation des dattes, ces vents, soufflant du continent  provoquent  la mise en mouvement de sable selon la direction nord-nord, est-sud et sud- ouest.

D-Pluviométrie
   Les pluies ont deux origines différentes : la mousson tropicale, de loin la plus abondante, intéresse  principalement les mois d'août,  septembre et octobre, elle est due à la remontée du front inter- tropical .
    Le régime pluviométrique méditerranéen,  qui a son origine dans l'advection d'air polaire, se manifeste également au cours de la saison fraîche.
    Le  déficit pluviométrique  est  permanent, y compris au cours des mois  les plus pluvieux, août et  septembre où il est tombé, en moyenne et respectivement, 30.7  et 34.5mm entre  1941 et 1970. Pendant cette période, il est tombé  en moyenne  à Atar 111.4  mm  annuels. Par  contre, au cours de la période allant de 1971 à 1987, il n' est tombé annuellement  en moyenne  que  64.6 mm soit un déficit  moyen  de 42%. On  peut  donc estimer
 la pluviométrie moyenne d'Aoujeft supérieure de 20mm  à celle d' Atar. Pour la période  1941-1987, elle aurait  donc été de 114.5mm.

III-Géologie et  hydrologie

    Le  territoire de la moughataa, montagneux , est très  homogène sur le plan  géologique. Il  est constitué d'un plateau  gréseux  d'âge  cambro-ordovicien, entaillé par un réseau d'oueds  Plusieurs  bassins  versants drainent la moughataa dont notamment:
   -El  Ouad lebiad qui, en amont, porte  le nom de Tidematin et coule approximativement  nord -sud , arrose Mhairith, Ljichane, Aghad et Aoujeft où  il s'incurve  pour prendre
 la direction nord-nord -ouest, passe à Toungad et rejoint à Yaghraf, hors du département, l'oued Seguelil  venant d' Atar.
    Sur son parcours, il reçoit successivement les apports des oueds Fares (en rive gauche), Aroueiji,  Tirabane, El  Oudei¨ ( en rive droite ), Chemmat, Tifoujar (en rive gauche ) et Aguinjob  (en rive droite, venant de Teirjit);
    -L'Oued Toueirga, qui coule approximativement du Nord Ouest ,arrosant  Salah  Eddarein  Agadir, El Maaden, conflue  un peu plus en aval, à proximité de Ouakchodda avec l'Oued Timinit , venant  du Nord Est , prend un peu plus loin  le nom  d'Oued lehnouk  reçoit, en aval des gorges du même nom, près de N'Teirguent l'Oued Nbeika (Adrar), l'Oued Ljerjaten (approximativement  parallèle à  l'oued Timinit) et va alimenter, plus au sud, les vastes  zones  d'épandage d'ElMejra et El Marveg.
   -Oued El Hamam, coulant nord-est sud-ouest et arrosant les palmeraies de Legleitat et El Meddah  avant  de se perdre aux environs  de Tenemrourt.
   -Il faut également citer  les oueds Lardha, Lebheir, Tibounkrin Bouaboun, Tinfoud (Oumachanad), Mzeddeg (Limsaiddi), Techtaya écoulements alimentant Graret Livrass,  Erchat, Achederguel  Zli,  El Egued, Graret  Mansour etc. Les ressources en eau les  plus  facilement accessibles sont constituées par le sous-écoulement des oueds D'autres   ressources   existent dans les réseaux  de fissures des  roches, mais leur  prospection  et leur  exploitation  sont très  onéreuses   .
    Enfin, il est possible  que  des nappes localisées existent  dans des grès friables.
    Ces eaux profondes, comme parfois les eaux des nappes superficielles, peuvent présenter un certain  degré  de salinité .
     De part le relief, la nature du terrain et les distances, la moughataa d'Aoujeft  constitue  une zone particulièrement enclavée .

 

IV-Sols et Végétation

A-Sols
     Des sols alluviaux se rencontrent dans les vallées (terrasses  et zones  d'épandage  d'oueds ainsi que de concentration  des eaux  de  ruissellement)  et en particulier dans les oasis. Les surfaces rocheuses  plates ou faiblement  accidentées  sont souvent  recouvertes  d'une couche  de dépôts  alluviaux ou éoliens.
     Le reste des surfaces est occupé  par des sols minéraux bruts compacts ou meubles, selon  dunes vives.
     L' ensablement,   représente, pour  l'ensemble de la moughataa un redoutable handicap.

B-Végétation
      la végétation naturelle de la moughataa est typiquement saharienne surtout localisée aux vallées et  représentée par des espèces possédant les adaptations nécessaires à la vie dans un
environnement aride. Quatre principaux  milieux; comportant chacun une flore plus ou
moins spécifique se rencontrent dans la moughataa; les zones rocheuses  des plateaux les
zones sableuses les zones alluvionnaires  et les bordures d'oueds.
    Sur les plateaux, Balanites aegyptiaca  (Teichot) et Ziziphus lotus (Sder) dominent  Aristida  Pungens (Sbot) et leptadenia  pyrotechnica  (Titarek ) se rencontrent  sur les  dunes. les  plaines  alluviales  constituent  le  domaine  d'Acacia  ehrenbergiana  (Ettemat) et Balanites  aegyptiaca, Maerua  crassifolia  (Atil) et  Boscia  sénégalensis (Eizen ). Cette dernière  espèce  étant  surtout  représentée  dans  la partie méridionale  de la moughataa.
    Enfin, le Tamarix sp. (Tarva)  peuple  fréquemment le bord  des  oueds.
    La population tire activement  partie  de la végétation  pour satisfaire différents  besoins, notamment  fourragers,  énergétiques, artisanaux  et médicinaux .

V-Démographie- société - Mode de vie et activités

     La moughataa d'Aoujeft comptait 16.000 habitants lors du recensement de 1988, représentant une densité de 0.5 h/km² (contre 0.3 pour l'ensemble de l'Adrar ).  Elle totalisait 25% de la population  de l'Adrar. L'Unicef  avance le chiffre de21.926 habitants  pour  l'année 1982 .Au cours de la  période 1977 -1988, le taux  de croissance  annuelle de la population  de la moughataa  a été d'environ  0.5% (contre  environ +0.9  pour l'ensemble de Adrar ).
     Entre les deux recensement de1977 et 1988, une tendance à la sédentarisation et à l'urbanisation a pu être  constatée. Néanmoins,  un retour au terroir  de  familles  installées  en ville a pu être  observé dans certaines localités,  en particulier  celles situées  le long de l'axe  Nouakchott -Akjoujt-Graret, Livrass-El Maaden-Libheir. La population de  la moughataa  est arabophone  et appartient à  différentes collectivités  qui partagent les mêmes traditions et le même mode  de vie sédentaire  ou nomade. Elle possède une profonde connaissance
 du milieu, véhiculée  de génération  en génération .
     Elle cultive le palmier dattier dans des oasis installées  le plus  souvent sur des terrasses  d' oueds  et parfois en  aval de sources.
    Des cuvettes, appelées  "Greir " (au  singulier  "Grara" ), représentant des zones d'épandage ou  des portions aménagées  de lits d'oueds , permettent, au cours des années  pluvieuses, la conduite  des  cultures  d'hivernage telles que celles de pastèques locales  (Voundi) de haricots  (Adlegane ) et sorgho (Zraa).
     L'élevage est souvent pratiqué parallèlement à l'agriculture. Il peut également  lui être associé. Il intéresse  surtout les  races  camélines, caprines et asines .

Conclusion

La faiblesse  des ressources  en eau  salinité  parfois, l'enclavement,  l'ensablement et  la rigueur du climat, sont les grands défis que doit affronter quotidiennement  la population de  la moughataa d'Aoujeft.
Si l'exode rural ne l'a pas encore affectée autant que d'autres zones, c'est sans  doute principalement  à cause de son  très grand attachement à son terroir.
Cependant, ce phénomène risque bien de se développer si une action mobilisatrice de grande envergure n'est pas rapidement menée.

Source:
Atelier  de Planification  d'activités  prioritaires,  de lutte contre la pauvreté et  de valorisation  du patrimoine  culturel d’Aoujeft
Du 18 au 20 avril 2002.
 


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